Alain Bruneel

Travail parlementaire

Budget 2020 : un nouveau budget des riches !

La majorité et le Gouvernement viennent d’adopter un nouveau budget des riches. Incapable de changer de paradigme et de remettre en cause l’obsession idéologique au retour à l’équilibre budgétaire sur le dos des politiques sociales, le Gouvernement continue sa course folle à la statistique au détriment de la population. Les députés communistes ont voté contre ce budget.

À la vérité, la stratégie de communication du Gouvernement axée sur la hausse du pouvoir d’achat et la protection de l’environnement ne trompe personne. Comment peut-on mettre en avant le pouvoir d’achat alors que, selon les chiffres de l’INSEE, 9 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté et qu’il y a eu plus de 200 000 nouveaux pauvres en 2018  ? Hélas, la baisse des allocations chômage amplifiera cette catastrophe. Comment se faire les chantres de l’environnement alors que, la semaine dernière, le Gouvernement a fait voter à la hâte un amendement afin de rétablir l’huile de palme dans la liste des biocarburants bénéficiant d’un avantage fiscal, avant un rétropédalage pitoyable  ?

La différence entre les discours et la réalité n’a jamais été aussi prononcée. Les injustices et la misère fleurissent mais ce Gouvernement refuse de voir la vérité en face. Pourtant, « il y a consensus sur les origines du mal  : dans une mondialisation désordonnée et surtout dérégulée, le capitalisme provoque plus que jamais des inégalités grandissantes. Chaque Français sent bien que la croissance générale profite principalement à quelques-uns. (…) Force – et gêne – est de constater que, durant l’année des « gilets jaunes », les distributions de dividendes ont battu leur record historique et que les émoluments des patrons du CAC 40 ont crû de 14 %. Qu’on soit de droite, du centre ou de gauche, cette seule énonciation provoque l’indignation, explique la révolte. » À quelques mots près, nous aurions pu écrire cela  ! Il s’agit pourtant d’un extrait d’une tribune parue ce week-end dans Le Parisien, à l’initiative du MODEM – vos alliés. L’exaspération exprimée dans une tribune ne suffit pas. Surtout quand ces mêmes alliés votent le budget.

Oui, plus que jamais et avant qu’il ne soit trop tard, il faut changer de paradigme. Ce Gouvernement demande toujours plus d’efforts aux administrations et aux Français, mais, dans le même temps, les cadeaux aux plus fortunés continuent.

Pendant le quinquennat, il aura été procédé à plus de 197 milliards d’euros d’allégements fiscaux en faveur des plus aisés et des grands groupes. Emmanuel Macron et la majorité ont supprimé l’ISF, instauré la flat tax, baissé l’impôt sur les sociétés ou transformé le crédit d’emploi pour la compétitivité et l’emploi – CICE – sans contrepartie. Ce sont autant de coûts pour l’État que de cadeaux pour les riches, cadeaux qui se font au détriment des programmes sociaux et environnementaux.

Le constat de ce budget pour 2020 est sans appel  : presque toutes les missions budgétaires sont victimes de coups de rabot. L’un des grands perdants n’est autre que Bercy. Les annonces de suppressions de postes n’ont cessé de pleuvoir, à tel point qu’entre 2020 et 2022, pas moins de 5 775 d’entre eux auront disparu. Pendant le quinquennat, 10 500 postes de fonctionnaires d’État, tous départements confondus, auront été supprimés. C’est sans précédent  !

Je me réjouis cependant que nous ayons adopté, à l’unanimité moins une voix, l’amendement déposé par les députés communistes pour que toutes les veuves d’anciens combattants de plus de 74 ans bénéficient de la demi-part fiscale. Je me réjouis également du rétablissement du prêt à taux zéro dans l’ensemble du pays.

Ce PLF est celui des injustices  : il constitue une énième consécration de cette politique sans projet, qui ne sert qu’un système, celui du capitalisme et des plus aisés. Le Gouvernement préfère prendre des mesures temporaires et faire de grandes annonces, plutôt que de combattre les inégalités sur le fond. Pour toutes ces raisons, les députés communistes ont voté contre le budget.