Alain Bruneel

Travail parlementaire

De l’enfer de « ceux qui ne sont rien » est fait le paradis de « ceux qui réussissent » !

Communiqué

Une étude du cabinet EY, publiée ce jeudi 7 juillet nous apprend que les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 40% en un an passant de 55 milliards d’euros en 2015 à 77 milliards d’euros en 2016. Les dividendes des actionnaires, pour leur part, continuent de battre des records.

Alors que le Gouvernement s’apprête à organiser une nouvelle cure d’austérité suite à la recommandation de la Cour des Comptes, il est inconcevable que les économies soient encore faites sur le dos du plus grand nombre.

Emmanuel Macron et sa majorité veulent également profiter de l’été pour réformer le code du travail par ordonnances. Mais qui freine vraiment la productivité de notre économie, les salariés qui créent les richesses ou les financiers qui empêchent l’investissement dans l’économie réelle  ?

Plus que le « coût du travail », c’est le coût exorbitant du capital qu’il faudrait baisser.

Le montant total des dividendes distribués en 2017 a atteint 46 milliards d’euros, un record depuis 2006. Autant d’argent accumulé entre les mains de quelques-uns qui ne profitent aucunement à l’intérêt général. Plutôt que de contracter de nouveau l’investissement public en sacrifiant les retraités, les fonctionnaires et les services publics, il faudrait regarder du côté des 500 plus grandes fortunes de France.

Selon le palmarès Challenges, les 500 Français les plus riches de France ont vu leur patrimoine multiplié par sept en 21 ans, tandis que le PIB français a seulement doublé au cours de cette période… Ces 500 plus fortunés possèdent aujourd’hui 571 milliards d’euros, soit 117 milliards de plus qu’en 2016 (+26 %). Une tendance qui se fait au détriment des investissements utiles en détournant la richesse créée par le travail vers le rendement pour les actionnaires. Plutôt que de s’acharner à précariser la société au bénéfice des plus riches, j’appelle le Gouvernement à se mettre en ordre de bataille pour œuvrer à une plus juste répartition des richesses de notre pays. Un pays où décidément, la crise ce n’est pas pour tout le monde. Rappelons au Président de la République que c’est sur la sueur et le travail des gens qui selon lui « ne sont rien » que s’est construit la fortune de « ceux qui réussissent ».

> Article de France info.