Soutenir le développement de l’activité littorale

Le littoral tient une place très importante dans notre projet. Notre façade est un atout essentiel à valoriser. Avec Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer et les ports départementaux, notre ouverture sur le monde génère des flux commerciaux et touristiques importants que nous devons développer. Ces ports doivent être complémentaires et mieux travailler ensemble.

Des investissements lourds sont en cours, avec le grand terminal méthanier à Dunkerque qui, outre le nouveau trafic qu’il va générer, va mettre en place une chaîne d’avitaillement en GPL pour les navires et les transports terrestres. A Calais, nous soutenons le projet « Calais Port 2015 » qui va apporter une autre dimension, très ambitieuse, au port. Des investissements massifs sont également prévus pour rénover le port de Boulogne-sur-Mer.

A la tête de la région, nous accompagnerons tous les projets de développement économique liés à nos ports. La région, rappelons-le, participe à travers les contrats de plan État-Région (CPER). Nous travaillerons à développer leur « hinterland » en investissant dans la voie d’eau, pour relier Dunkerque au Canal Seine/Nord. L’expérimentation qui vient de démarrer pour mutualiser, avec les autres modes de transport, le coût de manutention des conteneurs chargés sur barges fluviales est exceptionnelle en France. Cette mutualisation doit être définitive.

Mais, lorsque nous interviendrons auprès de l’État pour défendre notre région, nous ne manquerons pas de revenir sur la suppression, prévue fin 2016, de l’aide qu’il accorde actuellement à ce mode de transport (35 M€ pour compenser le surcoût de la manutention fluviale).

De la même façon, le relèvement des ponts fluviaux, pour permettre le passage de barges chargées de trois hauteurs de conteneurs (et non deux comme aujourd’hui) s’avère plus que jamais nécessaire.

Concernant les pré et post-acheminements, nous voulons aussi le développement du ferroviaire pour faciliter le ferroutage autour des trois ports de Calais, Boulogne/Mer et Dunkerque. Sur le plan des transports d’approche par la route, l’autoroute A16 restera gratuite et nous travaillerons à la gratuité à terme de l’A26.

Nous accompagnerons les ports de notre littoral dans leur diversification en prenant soin au développement sur tous ces sites de l’activité industrielle. La pêche fera l’objet d’une attention particulière. L’activité de Boulogne-sur-Mer ne peut se poser sur les seules importations de poisson. Les pêcheurs de Boulogne et Étaples ont besoin du soutien de la Région, pour moderniser la flotte en l’adaptant aux futures normes anti-pollution. Mais ils ont aussi besoin du poids politique de la Région face à Bruxelles, dont la politique de quotas est très inégalitaire, et défavorise nos armements.

Le tourisme fera l’objet de tous nos soins  ; que ce soit dans l’accompagnement de grands projets structurants comme le Grand Nausicaa à Boulogne/Mer, ou la préservation d’un milieu naturel riche, mais très fragile. Wateringues, trait de côte, lutte contre la submersion marine…. Les sujets d’intervention ne manquent pas. Nous serons au rendez-vous.

Economie et emploi

Un vrai travail et un vrai salaire pour tous

Dynamiser le tissu industriel

Remettre l’économie au service des territoires

Notre région possède tous les atouts pour faire respecter le « droit d’obtenir un emploi », inscrit dans notre Constitution. L’objectif doit être un emploi et un vrai salaire pour tous, en répondant aux besoins dans les PME, les TPE, comme dans les services publics. Tout doit être mis en œuvre pour stopper les délocalisations. Les richesses créées ici doivent revenir ici, pour l’activité et pour l’emploi.

Dans un contexte économique particulièrement dégradé, nous devons décupler les efforts pour améliorer le quotidien des populations, répondre aux impératifs de la lutte contre le réchauffement climatique, en impulsant une dynamique qui vise à maintenir les activités productives tout en favorisant l’émergence de nouvelles activités et en agissant sur le levier Recherche/Développement.

C’est dans cet état esprit que nous devons agir avec les acteurs syndicaux, les décideurs économiques, pour tenter de trouver des solutions, des alternatives qui visent à consolider les activités et à les développer.

Au-delà de cette action nécessaire, il reste que la politique de « compétitivité » menée au niveau national, sans exigences, ni contreparties demandées aux entreprises, ne permettra pas de sortir des logiques imposées par la finance, destructrices pour l’emploi.

L’intervention publique doit remettre l’économie au service des territoires. C’est cette ambition que nous porterons au cours de la prochaine mandature.

Les régions sont des institutions majeures de l’action économique des territoires. Le renforcement de leurs missions dans le cadre des récentes réformes territoriales ne s’est pourtant pas accompagné d’un renforcement des moyens financiers, techniques, ni humains.

Opéré sous contrainte des politiques nationales de réduction de la dépense publique, ce renforcement conduit à un déséquilibre des ambitions pour les territoires et à un affaiblissement de la réponse publique à leurs enjeux de développement. A contrario de cette logique d’austérité?, nous voulons investir et permettre de créer des emplois, répondre aux besoins, relever le défi écologique.

Cette situation place de nouveau sur le devant de la scène le rôle des banques, l’utilisation de l’argent et notamment les aides publiques, le besoin des fonds régionaux pour l’emploi et la formation, et l’impératif d’une gestion démocratisée des financements locaux.

***Des engagements pour une région socialement
et écologiquement responsable

  • Exiger la transparence sur toutes les aides reçues par les entreprises (État, département, agglo). Faire le bilan précis des résultats du CICE. Le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi - CICE - c’est 8,7 milliards pour les grands groupes en 2014 et zéro effet sur la courbe du chômage, qui continue à progresser dans la région.
  • Flécher les aides publiques de l’Etat, en lien avec le ministère de l’Économie et celui du Travail, en fonction d’une politique industrielle garantissant la relocalisation des productions et la création d’emplois stables. La région, les représentants de l’État, les élus locaux, les chefs d’entreprises et les représentants des salariés définiront, avec les CCI, les priorités et les moyens à mettre en œuvre, de manière concertée, pour développer l’activité localement.

Redresser la courbe du chômage, c’est d’abord stopper les licenciements. Dès les premières semaines, tout sera mis en œuvre pour lever les menaces sur l’emploi dans de nombreuses entreprises telles que ARJOWIGGINS, VALLOUREC, etc.

  • Créer un Office Régional de Conseil juridique aux syndicats, aux travailleurs et aux comités d’entreprises :
    • travailler en amont avec l’ensemble des acteurs sociaux et économiques concernés, pour prévenir les licenciements, sécuriser l’emploi et la formation dans les bassins d’emploi.
    • développer une action prospective sur les évolutions économiques tout en assurant un suivi préventif des entreprises dans un dialogue permanent avec les décideurs économiques.
    • interpeller les pouvoirs publics pour obtenir des moratoires suspensifs aux plans sociaux : réunions de tables rondes sur des projets alternatifs ; actions pour la revitalisation des activités et l’obtention de bons reclassements.
    • utiliser la formation professionnelle comme outil de promotion sociale et de sécurisation des parcours professionnels des salariés.
    • offrir, de manière systématique, aux comités d’entreprise la possibilité de recourir à des expertises juridiques pour agir en amont sur les plans sociaux et vérifier la situation financière de l’entreprise.
    • favoriser la création d’un droit de préemption des salariés pour la reprise d’entreprises en S.C.O.P.

***Maintenir et renforcer les services publics

L’action de la Région se placera dans une logique de service public. Elle ouvrira un large débat et une véritable concertation avec tous les acteurs (personnels, collectivités, élus, syndicats, usagers, etc.) pour assurer l’avenir du service public, s’inscrivant dans la lutte contre les gaz à effet de serre et la transition énergétique, dans l’intérêt de la population et de l’aménagement du territoire, pour l’égalité des citoyens.

L’accès aux services répondant aux besoins fondamentaux des usagers doit être une priorité sur tout le territoire, qu’il s’agisse de l’accès à la santé, aux transports, à la communication, à l’énergie, au logement, à l’éducation…

***Création de lieux identifiés « Espace Région » sur les bassins d’emploi de territoire de la Grande Région

Nous proposons de déconcentrer une partie des services économiques et de la formation professionnelle de l’institution régionale pour mieux répondre aux besoins territoriaux et citoyens qui s’expriment. Ces « Espaces Région » permettraient d’ancrer durablement l’action régionale au sein de nos territoires en favorisant un dialogue renouvelé avec l’ensemble des intercommunalités.

Au-delà du souci de proximité citoyenne, ces espaces seraient aussi chargés d’anticiper toutes les mutations ou mouvements touchant à la structuration de l’emploi tout en développant une veille économique en capacité d’agir sur la structuration de projets économiques et industriels innovants et créateur d’emplois nouveaux.

Ces lieux région ou « Espaces région » seront voués à ouvrir un dialogue permanent avec les citoyens, les associations et les acteurs socio-économiques des territoires.

*** Aider les PME/TPE plutôt que le CAC 40

  • réorienter les aides type CICE attribuées aux grands groupes pour relocaliser la production, soutenir les PME et financer un emploi par TPE.
  • créer un « club » des PME, équipementiers et sous-traitants des groupes donneurs d’ordres à la région pour aller chercher les marchés à l’export.

***Création d’un Fonds d’Investissements Régional (F.I.R.)

Face au manque de financements qui affecte le développement de nos PME/ TPE et aux fonds d’investissements prédateurs (fond de pension), nous proposons la création d’un Fonds Régional abondé à part égale par la Région, les Départements, les intercommunalités et l’État (via la BPI) et regroupant les fonds existants (FINORPA).

Ce fonds sera abondé aussi par un appel à la solidarité active auprès des actionnaires des 100 premières entreprises régionales. Les élus locaux, les acteurs économiques, les représentants des salariés pourront ainsi travailler ensemble sur l’utilisation de ces moyens financiers au service de nos entreprises et de l’emploi.

Le champ d’intervention du "fonds" visera à apporter des subventions de manière réactive aux PME / TPE en crise de financements pour assurer le développement de leur activité. Les conditions prioritaires seront le maintien et le développement de l’emploi, en lien étroit avec les réponses sociales et écologiques que nous nous devons d’apporter à notre région.

Il aura aussi pour vocation d’aider les salariés qui souhaitent structurer des projets de reprise de leur entreprise en mode S.C.O.P.

La gouvernance du F.I.R sera assurée par la Région, les Départements, l’État, les intercommunalités, la Chambre de Commerce et d’Industrie Régionale (CCIR), les partenaires sociaux.

Le F.I.R est un dispositif d’urgence économique, qui pourra aussi, de manière exceptionnelle, entrer dans le capital des entreprises afin de s’assurer du maintien de l’activité et des savoir-faire.

Un élan pour un renouveau industriel

Nous abordons ces élections régionales avec la persistance d’un contexte économique difficile où le secteur de l’industrie régionale perd tendanciellement des postes de travail et enregistre de nouveau des diminutions d’effectifs.

Faut-il le rappeler : notre région a subi sa plus forte baisse d’emploi depuis 10 ans, en dehors de la période de crise. En France, entre 2000 et 2007, avant la crise financière, ce sont près de 500 000 emplois salariés directs qui ont disparu dans l’industrie. La désindustrialisation n’est pas un phénomène nouveau, mais avec la crise, elle s’est brutalement amplifiée.

Lorsqu’une économie remplace des emplois industriels - qui eux, produisent beaucoup de valeur ajoutée- par des emplois de service, cela entraîne mécaniquement une baisse de la richesse produite pour un même niveau d’emploi. Par conséquent, rien ne peut remplacer l’industrie.

L’activité industrielle est en fort déclin depuis une vingtaine d’années, il en est de même pour la recherche industrielle. En outre, de nombreux rachats de groupes industriels par des investisseurs étrangers ont été suivis par l’exportation de la propriété intellectuelle et par la fermeture des centres de recherches situés sur le territoire national et régional.

Nous refusons de voir des entreprises fermées pour ensuite assister, impuissants, à l’importation des même produits qui étaient fabriqués localement. Nous voulons relocaliser les productions, faire travailler ensemble les donneurs d’ordre et les PME.

Nous voulons également soutenir les entreprises innovantes, les nouvelles technologies, le numérique.

**Notre ambition

***Pour corriger cette situation, il faut agir sur le système bancaire

Une réorientation des crédits bancaires, même partielle, sur des critères rigoureux en matière écologique et sociale, baisserait les charges financières qui pèsent sur les entreprises et permettrait des opérations nouvelles.

Soulignons que notre territoire reste un des plus attractifs au nord de l’Europe. Nous souffrons plutôt d’un sous-investissement en matière de Recherche/Développement, d’un manque de PME de taille critique.

Aujourd’hui, les perspectives de développement sont nombreuses  : dans les biotechnologies ; dans le domaine de l’industrie propre pour faire émerger la voiture de l’après pétrole ; dans le BTP pour réduire la consommation d’énergie par l’isolation du parc ancien du bâtiment ; dans le domaine des transports collectifs et de l’aménagement des espaces de vie ; le recyclage et la production d’éco matériaux ; la géothermie ; les textiles techniques et leurs multiples applications dans la santé/ bien être, la sécurité, le BTP, les loisirs…

Notre région dispose d’atouts en étant située au cœur des échanges stratégiques européens. Elle dispose d’une façade maritime que nous devons continuer à valoriser et à coordonner de manière efficiente, en explorant aussi les nouvelles énergies issues de la mer.

Il faut éviter l’écueil qui laisserait notre région devenir exclusivement un lieu d’activités de services, à bas coût salarial et faibles qualifications, où s’installerait peu à peu une certaine résignation. Il faut au contraire engager un véritable renouveau industriel.

En perdant la capacité à produire, nous perdons aussi la capacité à chercher et à innover.

Parmi nos atouts : le ferroviaire, l’automobile, le BTP avec l’isolation des logements. 10 millions d’euros investis, c’est 100 emplois créés, dont 40 sur chantiers.

Notre région doit porter l’ambition d’un véritable renouveau et d’une maîtrise des filières industrielles et des services.

Cela entend des politiques d’investissement répondant à des critères rigoureux d’économies en ressources naturelles, en moyens matériels et en capital financier, intégrant dans leur fonctionnement les problématiques écologiques et climatiques, pour pouvoir consacrer davantage de moyens au développement de l’emploi et de la formation, aux innovations industrielles pour des productions utiles, de la recherche et du développement.

***Une commande publique au service de l’emploi

  • Nous souhaitons continuer et diversifier autant que possible, la mise en œuvre des clauses sociales et environnementales dans les marchés publics. Nous nous saisirons de toutes les possibilités juridiques favorisant l’emploi local.
  • Que ce soit pour les marchés de services, de travaux ou de fournitures, notre priorité sera de favoriser l’emploi local, en particulier lorsque cela sera possible de prioriser les marchés réservés aux PME et TPE locales.
  • Dans certaines conditions, nous userons du droit à réserver certains marchés, aux entreprises adaptées, mais aussi aux entreprises de l’économie sociale et solidaire (Ordonnance du 24 juillet 2015).

**Nos propositions

***Création d’une Agence régionale de notation sociale, économique et environnementale

Une Agence de notation sociale, économique et environnementale aura pour but de gagner en lisibilité sur les choix stratégiques des actionnaires des entreprises mais aussi pour valoriser les bonnes pratiques de nos entreprises régionales et lutter efficacement contre l’économie financiarisée.

Cette structure permettrait de sélectionner les projets bénéficiaires d’une intervention du Fonds régional pour l’emploi et la formation, en fonction des engagements pris par les entreprises et les banques en faveur de projets créateurs d’emplois nouveaux et durables et répondant à des critères qui favorisent le dialogue social, la rationalité économique, la sécurisation des parcours professionnels des salariés, une croissance économique des activités productives qui s’intègrent véritablement dans une visée sociale et écologique.

***Création d’une banque publique régionale pour favoriser les investissements et développer l’emploi

Dans un contexte d’austérité généralisée en France et en Europe, les PME et les collectivités territoriales rencontrent de très grandes difficultés à trouver des financements pour leurs projets d’investissement.

Notre liste propose la création d’une banque publique régionale qui pourra jouer un rôle essentiel pour stimuler l’investissement, la croissance et donc la création d’emplois.

La Banque Centrale Européenne a engagé depuis le mois de mars un plan d’injection de liquidités dans les circuits financiers à hauteur de 60 milliards d’euros par mois afin de racheter des dettes publiques et privées et ce jusqu’au mois de septembre 2016. Par ailleurs, le « Plan Juncker » a pour objectif de lever 315 milliards d’euros pour financer l’investissement dans l’Union Européenne.

Nous proposons de créer notre banque régionale afin de solliciter ces fonds qui viendraient appuyer les grands projets dans la région et accompagner l’investissement des petites et moyennes entreprises. Elle pourrait aussi bénéficier de ces prêts à 0.05% d’intérêt. La région prendrait en charge les intérêts dans son budget de fonctionnement et financerait à taux 0% les projets des PME et des collectivités, Départements et intercommunalités.

Cette démarche volontariste et offensive ne nous exonère pas du combat légitime pour exiger le maintien des dotations de l’État versées aux collectivités.

Cette banque deviendra l’outil de financement de notre économie régionale maîtrisé par la collectivité et la population.

A titre d’exemple : le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie ont versé en 2014 respectivement 60 millions d’euros et 13,7 millions d’euros d’intérêts bancaires. En leur prêtant à taux zéro, la Banque publique permettra de libérer cet argent afin de le réinvestir dans l’économie.