Lycée et apprentissage : relever le défi de l’avenir des jeunes

Avec un tiers de moins de 25 ans, mais aussi un taux de chômage des jeunes ou encore de décrochage scolaire parmi les plus élevés, nous devons déployer tous les efforts pour mettre en place des formations de qualité, qui ne laissent personne sur le bord de la route.

**Des lycées où chacun trouve sa place

Choisir sa formation, garantir des lycées de qualité, lutter résolument contre le décrochage scolaire, sont nos priorités parmi d’autres.

***Favoriser le service public


L’enseignement public est le seul à garantir aujourd’hui une scolarité gratuite, laïque et ouverte à tous.
La baisse des moyens dans l’Éducation Nationale, entraîne la hausse de la part des élèves inscrits dans le privé. L’éducation doit rester un grand service public national.

  • Favoriser le financement de l’enseignement public, en veillant à ne pas financer le privé au-delà des obligations légales des régions.
    Nous voulons tourner la page de la conception de l’éducation développée sous Sarkozy de « l’Excellence » pour quelques-uns, alors que les moyens du service public ouvert à tous sont affaiblis.
  • Transformation de « l’internat d’excellence » de Douai en un site dédié à la lutte contre le décrochage scolaire.

De 2004 à 2012, le Nord - Pas-de-Calais et la Picardie ont vu supprimer des centaines de postes d’enseignants. En dépit des annonces, les moyens retirés à notre région n’ont pas été rattrapés aujourd’hui.

Face à un décrochage scolaire important, nous souhaitons :

  • Mobiliser la région et ses élus pour réclamer auprès de l’Éducation Nationale le rattrapage des postes d’enseignants perdus depuis le début des années 2000, notamment dans l’enseignement professionnel,
  • Refuser les fermetures d’établissements,
  • Valoriser l’enseignement technologique et professionnel,
  • Mettre fin à la suppression de filières et d’options dans les établissements publics.

***Améliorer la qualité de vie lycéenne

  • Accélérer la rénovation et le plan d’accessibilité des établissements, en favorisant le recours aux énergies alternatives (géothermie, solaire, éolien, hydraulique, biomasse, etc.)
  • Accélérer l’isolation thermique et les plans d’économie énergétique.
  • Mettre en place un plan régional de développement des internats.
  • Permettre l’accès de tous les lycéens aux outils numériques, en associant les équipes pédagogiques.
  • Viser une restauration scolaire de qualité, en augmentant la part du bio et en favorisant les circuits courts, par la mise en place d’une centrale d’achat dédiée à l’approvisionnement en produits régionaux.

***Pour une école réellement gratuite et citoyenne, une école de la réussite pour tous

  • Poursuivre l’aide à la scolarité gratuite en pérennisant les aides aux manuels et à l’équipement scolaires des lycéens et des apprentis.
  • Pass lycéen dématérialisé pour regrouper les anciens chéquiers livres, et des bons d’accès aux équipements culturels régionaux.
  • Exiger sur tout le territoire régional la gratuité du transport scolaire pour tous les lycéens.
  • Harmoniser les tarifs des internats, qui vont aujourd’hui du simple au double.
  • Des projets participatifs, impulsés par les élèves. Faire le bilan de l’expérience du budget participatif actuellement en cours, la prolonger et la généraliser en proposant une charte plus contraignante pour que ce budget soit un véritable outil de démocratie participative, garantissant la place prépondérante des lycées dans les différentes phases du processus d’élaboration avec tous les acteurs de la communauté éducative.

**Sécuriser les parcours en apprentissage

L’apprentissage est aujourd’hui, avec la voie scolaire, une voie de formation à part entière, et très spécifique puisque les jeunes sont sous contrat de travail.

Il est aujourd’hui considéré dans le discours politique comme une voie qu’il faut encourager à tout prix pour conduire les jeunes vers l’emploi. La réalité n’est pas toujours si simple.

**Prévenir les ruptures, accompagner les jeunes

Alors qu’on a cherché à ouvrir des nombreuses places dans les sections d’apprentissage ces dernières années, beaucoup d’entre elles restent inoccupées, en dépit des dispositifs nombreux mis en place pour favoriser le démarchage auprès des entreprises pour prendre des apprentis, les aides aux employeurs. La priorité, avant de nouvelles ouvertures, est d’accompagner les jeunes dans leur démarche.

Par ailleurs un nombre toujours important de jeunes connaissent des ruptures de contrat d’apprentissage en cours de formation : 30% de rupture de contrat. Dans notre région, le taux de rupture pendant les premiers mois est beaucoup plus élevé qu’au plan national (la loi Rebsamen vient pourtant de valider l’allongement de la période d’essai des apprentis)

  • En lieu et place de la « politique du chiffre » sur le nombre de places en apprentissage, nous proposons le renforcement de l’accompagnement des apprentis, notamment dans les premiers mois de leur contrat, et de la formation des maîtres d’apprentissage, en renforçant les liens de ces derniers avec les CFA
  • Proposition de renforcer également le dispositif d’appui à l’apprentissage dans le secteur public, et notamment dans les petites collectivités.
  • Renforcer les aides (transports, soins, logements, fonds de solidarité) face aux difficultés matérielles des apprentis qui peuvent être un frein à la réussite de la formation.

***L’apprentissage oui, mais pas au détriment des filières professionnelles et technologiques de l’éducation nationale.

La région n’est pas responsable des fermetures de filières en bac professionnel ou technologique, en revanche elle doit donner un aval à l’ouverture de section de CFA. L’un ne devant pas se substituer à l’autre.

Dans le cadre d’une volonté affichée par la majorité régionale de combattre pied à pied la casse du service public de l’Éducation Nationale, nous souhaitons que l’engagement soit pris de ne pas valider l’ouverture de sections de CFA dans les secteurs ou l’Éducation Nationale justifie la fermeture de filières équivalentes.

Le développement de l’apprentissage doit se faire en allant chercher les milliers de jeunes décrocheurs qui quittent le système scolaire sans diplôme dans notre région, pas en vidant les effectifs des lycées.