Se former au XXIe siècle

Enseignement supérieur : sécuriser la recherche et préparer l’avenir

Réaffirmer le rôle public démocratique et émancipateur de l’enseignement supérieur

Il est urgent et nécessaire de rompre avec la logique de précarisation des étudiants et des chercheurs afin d’éviter d’insulter l’avenir… Au Front de Gauche, nous défendons un service public d’enseignement supérieur et de recherche fort, élément incontournable pour l’évolution de la civilisation.

Il faut rétablir en profondeur ce qui fonde l’enseignement supérieur et la recherche comme service public : liberté d’accès, gratuité effective des études supérieures, libre association, mise en commun et partage des compétences et des ressources, péréquation tarifaire, garantie de financements budgétaires stables et récurrents. Tout est à faire face aux logiques comptables et concurrentielles.

L’Humain d’abord !, c’est l’assurance d’un plan d’urgence pour le Service Public d’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

CONTEXTE

Les universités ont essuyé avec pertes et fracas la LRU? (Libertés et Responsabilités des Universités) de l’ère Sarkozy. Leur « autonomie » financière s’est vue bien vite transformée en déficit budgétaire s’accompagnant d’une concurrence à tous les étages : offre de formation, sélection déguisée, fermeture de filières, etc.

La loi dite « Fioraso » ne s’inscrit malheureusement pas dans une volonté de rupture  : c’est la poursuite du désengagement financier de l’ÉÉÉ et la précipitation d’une réforme territoriale qui entraînent le déchirement de la cohérence nationale et approfondit toutes les conditions d’une mise en concurrence des potentiels de formation et de recherche régionaux.

Alors que les universités lilloises ont prévu de fusionner à l’horizon 2018, dans un double objectif de « rentabilité » et de « compétitivité », se pose la question des conséquences de cette métropolisation sur l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur pour tous sur tout le territoire.

Récemment, nos universités régionales ont été ponctionnées de 50 millions d’euros sur leurs fonds de roulement. C’est inacceptable !

CONSTAT

La structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche est un enjeu crucial pour l’aménagement régional car elle participe à l’égalité entre les territoires.

Pourtant, les universités et leurs campus deviennent de plus en plus des lieux froids. La démocratie est réduite, les statuts des universités fusionnées sont encore trop flous et la vie des campus est une préoccupation reléguée au second plan.

La région la plus jeune, mais aussi celle qui compte le plus d’étudiants boursiers sur critères sociaux (hors Ile-de-France), n’est pas à la hauteur malgré ses six universités. Par exemple, le nombre de doctorants reste très en dessous de la moyenne nationale.

NOS PROPOSITIONS

Au Front de Gauche, nous défendons une vision de l’université et de la recherche ouverte sur la société et la vie citoyenne. Cette vision s’oppose aux campus d’excellence. Nous voulons au contraire des campus intégrés dans la cité, ouverts sur la ville où vies citoyenne et étudiante se développent.

Ouverture sur la ville, et aussi sur la société. Le dialogue science - société est fondamental pour la démocratisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour l’appropriation par tous des savoirs et des pouvoirs. C’est un enjeu de vulgarisation essentiel.

C’est pourquoi nous tenons à 3 objectifs :

Inscrire le monde étudiant comme un repère de solidarité et de partage
Cela passe par le fait de :

  • Démocratiser la mobilité étudiante internationale
  • Soutenir les associations et événements universitaires aujourd’hui en difficulté ;
  • Lutter contre la précarité étudiante par une offre d’aides concrètes et facilement appropriables. Cela doit se concevoir en lien avec les acteurs, notamment associatifs, actifs dans ce milieu et qui en connaissent les problèmes concrets.
Offrir un « bouclier social » aux étudiants,
  • C’est augmenter le logement étudiant dans le Nord - Pas-de-Calais, région la plus sous-dotée en logements CROUS après l’Ile de France.
  • C’est aussi assurer l’accès des étudiants aux transports, à la santé et à la restauration universitaire à bas tarif et de qualité.
Soutenir le milieu de la recherche publique,
c’est soutenir l’emploi scientifique et l’investissement public à la hauteur des besoins et des enjeux de la part de l’État et la Région, en garantissant l’indépendance des laboratoires et des équipes.

NOS PRIORITÉS

Trois priorités identifiées afin d’atteindre ces ambitions :

Favoriser la mobilité et la solidarité étudiante, c’est possible !

Aujourd’hui les bourses sont insuffisantes en nombre et en montant : elles doivent être relevées. Le logement reste un combat pour les étudiants en mobilité à l’étranger. La Région doit étendre la garantie loyer des doctorants à l’international à l’ensemble des étudiants.

La mise en réseau mondial des universités doit profiter autant aux étudiants qu’aux établissements. Ce rayonnement nécessaire va de pair avec la nécessité de permettre à tous de vivre pleinement sa vie étudiante.

La part de financement de la vie associative et événementielle des différents campus doit permettre d’ouvrir des perspectives de pérennisation des structures existantes et le développement de nouvelles initiatives étudiantes, notamment pour lutter contre la précarité étudiante.

Mettre les moyens pour un statut social étudiant.

Notre région, jeune et ambitieuse au niveau de ses formations, ne peut rester aveugle à la précarité étudiante. Toute demande de logement étudiant doit pouvoir être satisfaite. Dès le début de la mandature, 2000 logements doivent être construits, bien qu’ils ne seront que les première pierres d’un parc de logements exemplaire, de qualité, accessible pour tous.

La centralisation de l’offre de formation, notamment en master, accélérée par la ComUE (Communauté d’universités et établissements) [1], induit une mobilité croissante pour les étudiants. Les déplacements sont aujourd’hui une charge considérable à l’échelle métropolitaine et régionale. Demi tarifs immédiats, gratuité pour les boursiers et à horizon de 5 ans, sont notre boussole pour résoudre ce fardeau « boulot, métro, dodo ».

La santé des étudiants, aujourd’hui pleine d’opacité de gestion et de lacunes réelles, doit être saisie à bras le corps par la future grande région. Soutien au centre de santé des étudiants, consultations gratuites, accès favorisé aux maisons de santé, baisse du coût pour les étudiants du repas dans les restaurants universitaires : nous débloquerons tout face à l’urgence sanitaire !

Réparer la recherche pour préparer l’avenir.

Cela passe d’abord par notre soutien à l’emploi scientifique et notamment à l’insertion des jeunes docteurs. Garantir l’emploi pérenne des chercheurs avant et après la thèse pour les sortir d’une précarité qui nuit à la qualité de leurs recherches.

Nous nous opposons au mode de financement de la recherche par appels à projet. Nous proposons de multiplier par deux le nombre d’allocations doctorales accordées par la Région, d’en étendre les thématiques et d’en augmenter la durée du contrat à quatre ans. Pour cela, nous porterons à un milliard d’euros l’effet financier consenti par l’État et la Région en faveur de la recherche et de l’innovation pour atteindre les 2,1% du P.I.B de la Région. Dans le détail, les financements des laboratoires publics doivent être assurés au maximum aux 2/3 par des crédits publics.

Toutes ces orientations doivent s’inscrire fortement dans le cadre d’une révision du schéma régional de l’enseignement supérieur et de la recherche, dans le bras de fer à mener avec le CNOUS et par un dialogue avec la communauté universitaire aujourd’hui étranglée par les processus de fusion à marche forcée.

Des assises transparentes et démocratiques, au niveau régional sur la crise et l’orientation de l’enseignement supérieur et de la recherche seront mises en place.

Notes :

[1La loi n° 2013-660 du 22 juillet 2013 relative à l’enseignement supérieur et à la recherche a apporté d’importantes modifications à ce dispositif : elle substitue aux pôles de recherche et d’enseignement supérieur des regroupements d’établissements qui peuvent se constituer selon trois modalités : la fusion d’établissements, l’association d’établissements et la communauté d’universités et d’établissements, dite COMUE.

Les COMUE deviennent de plein droit une nouvelle catégorie d’établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP), avec d’importantes conséquences en termes de gouvernance et de représentativité des membres de la communauté universitaire.

L’ambition de ces regroupements est, sur un territoire donné et sur la base d’un projet partagé, de coordonner l’offre de formation et la stratégie de recherche et de transfert des établissements publics d’enseignement supérieur. sont des établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel.

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