Enseignement supérieur : sécuriser la recherche et préparer l’avenir

Réaffirmer le rôle public démocratique et émancipateur de l’enseignement supérieur

Il est urgent et nécessaire de rompre avec la logique de précarisation des étudiants et des chercheurs afin d’éviter d’insulter l’avenir… Au Front de Gauche, nous défendons un service public d’enseignement supérieur et de recherche fort, élément incontournable pour l’évolution de la civilisation.

Il faut rétablir en profondeur ce qui fonde l’enseignement supérieur et la recherche comme service public : liberté d’accès, gratuité effective des études supérieures, libre association, mise en commun et partage des compétences et des ressources, péréquation tarifaire, garantie de financements budgétaires stables et récurrents. Tout est à faire face aux logiques comptables et concurrentielles.

L’Humain d’abord !, c’est l’assurance d’un plan d’urgence pour le Service Public d’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

**CONTEXTE

Les universités ont essuyé avec pertes et fracas la LRU? (Libertés et Responsabilités des Universités) de l’ère Sarkozy. Leur « autonomie » financière s’est vue bien vite transformée en déficit budgétaire s’accompagnant d’une concurrence à tous les étages : offre de formation, sélection déguisée, fermeture de filières, etc.

La loi dite « Fioraso » ne s’inscrit malheureusement pas dans une volonté de rupture  : c’est la poursuite du désengagement financier de l’ÉÉÉ et la précipitation d’une réforme territoriale qui entraînent le déchirement de la cohérence nationale et approfondit toutes les conditions d’une mise en concurrence des potentiels de formation et de recherche régionaux.

Alors que les universités lilloises ont prévu de fusionner à l’horizon 2018, dans un double objectif de « rentabilité » et de « compétitivité », se pose la question des conséquences de cette métropolisation sur l’égalité d’accès à l’enseignement supérieur pour tous sur tout le territoire.

Récemment, nos universités régionales ont été ponctionnées de 50 millions d’euros sur leurs fonds de roulement. C’est inacceptable !

**CONSTAT

La structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche est un enjeu crucial pour l’aménagement régional car elle participe à l’égalité entre les territoires.

Pourtant, les universités et leurs campus deviennent de plus en plus des lieux froids. La démocratie est réduite, les statuts des universités fusionnées sont encore trop flous et la vie des campus est une préoccupation reléguée au second plan.

La région la plus jeune, mais aussi celle qui compte le plus d’étudiants boursiers sur critères sociaux (hors Ile-de-France), n’est pas à la hauteur malgré ses six universités. Par exemple, le nombre de doctorants reste très en dessous de la moyenne nationale.

**NOS PROPOSITIONS

Au Front de Gauche, nous défendons une vision de l’université et de la recherche ouverte sur la société et la vie citoyenne. Cette vision s’oppose aux campus d’excellence. Nous voulons au contraire des campus intégrés dans la cité, ouverts sur la ville où vies citoyenne et étudiante se développent.

Ouverture sur la ville, et aussi sur la société. Le dialogue science - société est fondamental pour la démocratisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, pour l’appropriation par tous des savoirs et des pouvoirs. C’est un enjeu de vulgarisation essentiel.

C’est pourquoi nous tenons à 3 objectifs :

***Inscrire le monde étudiant comme un repère de solidarité et de partage

Cela passe par le fait de :

  • Démocratiser la mobilité étudiante internationale
  • Soutenir les associations et événements universitaires aujourd’hui en difficulté ;
  • Lutter contre la précarité étudiante par une offre d’aides concrètes et facilement appropriables. Cela doit se concevoir en lien avec les acteurs, notamment associatifs, actifs dans ce milieu et qui en connaissent les problèmes concrets.

***Offrir un "bouclier social" aux étudiants,

  • C’est augmenter le logement étudiant dans le Nord - Pas-de-Calais, région la plus sous-dotée en logements CROUS après l’Ile de France.
  • C’est aussi assurer l’accès des étudiants aux transports, à la santé et à la restauration universitaire à bas tarif et de qualité.

***Soutenir le milieu de la recherche publique,

c’est soutenir l’emploi scientifique et l’investissement public à la hauteur des besoins et des enjeux de la part de l’État et la Région, en garantissant l’indépendance des laboratoires et des équipes.

**NOS PRIORITÉS